PENSÉE AU COUCHER DU SOLEIL : NE DIT JAMAIS, JAMAIS…

J’ai juste traversé le pont qui menait à ma case et c’est là que…

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Fille unique, j’étais la plus convoitée de mon village. Mon père, responsable et influent avait toujours le dernier mot. Pour cela, je ne me lassait pas de vivre la vie ou du moins » ma vie  » comme comme bon me semblais. Plats, vêtements, ami(e) et amis, décisions, j’avais tout en ma possession. Les autres disaient que j’étais un peu folle et que j’exagérais dans mes actes et mes propos mais bon… Soit on vit, soit on ne vit pas. Lorsque tu as tout, faudrait profiter. Pour dire vrai, je n’avais de respect pour personne à part mes parents. Mais rien de tout ça ne me faisait peur.  Et comme il y a un début à tout, j’ai commencé à m’opposer aux lois du village. C’était quand même « soûlant ». Pas droit aux sorties, pas droit d’avoir un ami sous prétexte que la femme ne doit avoir qu’un seul homme, même pas le droit de traîner avec des mecs…Exaspérant. Et le pire, les filles étaient prise par force pour être femme au foyer. Moi en tout cas cela n’allait jamais m’arriver. J’étais quand même la fille d’un « chief » ( chef). J’étais une fille très bouillante mais au fond, j’avais peur d’une seul chose. Et qu’est-ce que c’était?

Je me rendait au marigot avec mes cousines. Je n’avais que 17 ans. J’avais remarqué les vieux du village me regarder d’un air dévoreur. J’en ai parlé à maman mais elle n’a eu qu’un regard triste et m’a dit « ne fait pas attention ». Je trouvais cela louche de leur part, mais je me suis dit que c’était sans doute parce que j’étais la plus belle jeune fille du village. Il était 06 heure ce dimanche, et comme d’habitude en partance pour la rivière, j’ai décidé de ne pas porter de pot sur la tête. Sur le chemin du retour, il fallait traverser ce pont en liane. Les filles avait peur de ce pont, elle disait qu’il n’était pas solide et donc pas prudent de passer là-dessus. J’étais alors toujours la première à le traverser. C’est avec moquerie et rire que j’ai traversé. J’ai juste traverser ce pont qui menait à notre village et là…

Le mariage forcé est un délit condamné par la justice. J’avais entendu parler de cela, mais je ne m’attendais pas à ce qu’on m’enlève comme cela c’est fait. J’avais pensé à faire un choix comme d’habitude, choisir mon homme à ma préférence, avoir le soutient de mon cher père et surtout…pas être marié si jeune. Moi la belle fille qui ne faisait qu’à sa tête, eh bien c’était ça, ma plus grande peur au fond.

La femme a aussi son droit. Nos mères en ont souffert et aujourd’hui, c’est un grand cauchemar qu’elles vivent même si cela a eu du recule. D’autres en vivent encore. Pensons à améliorer cela même si certains voient « le bon coté de la chose »… Une chose est sûr, on ne dit jamais, jamais…

Christelle Assam’

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